24 Avr

Compétition et rémunération

#wearebbird

© MON MAÇON ÉTAIT ILLUSTRATEUR.

Aujourd’hui, nous allons vous raconter une petite histoire :

M. Paul, 50 ans, a réussi dans la vie, comptable de métier, il a su mener sa barque et aujourd’hui savoure les fruits de son labeur en menant une vie prospère. M. Paul habite dans un petit quartier bien sympathique, les oiseaux chantent et il peut compter sur trois boulangers de qualité qui jonchent son chemin vers le bureau quotidiennement.

Un beau jour, il décide de se rendre chez un premier boulanger pour lui demander un éclair au chocolat (il a un peu de cholestérol mais bon hein, il en raffole, ne lui gâchons pas son plaisir), tout en précisant qu’il souhaite obtenir cette gourmandise sans verser le moindre centime afin de comparer la saveur de ce met raffiné avec celle des concurrents de la rue et ainsi choisir son fournisseur régulier. Le boulanger, grand prince et désireux de prouver sa valeur accepte le deal pour le moins culotté de son visiteur et lui offre sa douceur au chocolat.

Le lendemain, M. Paul se rend dans la boulangerie suivante sur sa route et propose le même marché à son hôte. Interloqué et un peu plus renfrogné que son confrère, le boulanger décide d’accepter également le défi proposé. M. Paul, tout heureux, entame son deuxième éclair au chocolat à l’oeil et rentre chez lui repu et souriant.

Le jour suivant, même situation pour le boulanger dernier de la liste qui se voit lui aussi quémander sa production. De bonne grâce, ce brave travailleur se dit qu’il tient là l’occasion de fidéliser un nouveau client qui va lui permettre d’ajouter quelques euros supplémentaires à sa cagnotte hebdomadaire.

M. Paul, ne sachant quel boulanger choisir, décide de ne pas choisir et se rabat sur les gâteaux préparés par sa compagne jour après jour depuis maintenant 20 longues années.

Les gâteaux de Mme Paul sont-ils meilleurs que les éclairs au chocolat des professionnels ? Je crois qu’on peut dire que tout le monde s’en moque. Non, ce qui est plus préoccupant c’est le côté complètement invraisemblable de cette histoire. En effet, qui oserait proposer un tel marché à son petit boulanger du coin ? Quel boulanger accepterait de se livrer à ce genre de mésaventure ?

Personne,… Et pourtant, cette situation absurde, c’est ce que vivent les agences de communication lorsqu’on les contacte pour un appel d’offres privé ! En effet, combien de maquettes, déclinaisons de campagnes commerciales, heures de travail finissent non rémunérées sur le sacro-saint autel de la compétition ?

Tout travail mérite salaire, et c’est pour cela que Bbird se joint au message de l’association Métiers Graphiques pour lutter contre « le travail gratuit qui nuit autant aux auteurs qu’à leurs clients ».

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