Addictions & Handicap à l’occasion du Dry January

 

Le Dry January ou « Défi de janvier » est une campagne lancée en 2013 par l’organisation Alcohol Change UK. Chaque année pendant un mois, des millions de personnes font une pause dans leur consommation d’alcool au mois de janvier.

A cette occasion, nous vous proposons de parler des conduites addictives et de leurs conséquences sur l’emploi.

Les conduites addictives et l’addiction peuvent toucher n’importe qui dans l’entreprise, tous secteurs et tous niveaux hiérarchiques confondus. On peut être dépendant :

  • À des substances : tabac, alcool, drogue, médicaments psychotropes…
  • À des comportements : au travail, aux jeux (vidéos, casino, jeux en ligne…), au téléphone portable, à la nouritture…

 

Les consommations de substances peuvent avoir pour objectif de compenser un stress ou une anxiété, de soulager une douleur chronique ou encore de favoriser le lien social. Mais attention : l’addiction est une maladie à part entière qui doit donc être traitée, gérée et suivie tout au long de la vie. Les comportements addictifs ne sont pas différents des maladies cardiovasculaires ou du diabète d’une certaine façon. 

Elle est liée à la consommation répétée d’un produit ou à la pratique excessive d’une activité. La personne souffrant d’addiction est consciente des troubles engendrés, pourtant elle y trouve du plaisir ou se soulage d’un état intérieur (stress, dépression, solitude etc…). L’addiction engendre des conséquences importantes sur la santé mais aussi sur son environnement qu’il soit d’ordre privé ou professionnel :

  • On perd sa liberté face à la consommation de la substance. 
  • Les humeurs sont très changeantes à cause notamment des moments de manque.
  • La santé est impactée : des pathologies peuvent apparaître.
  • La vie privée et professionnelle peuvent en pâtir : problèmes financiers, absences au travail, perte d’emploi…

 

Focus sur l’alcool et la maladie alcoolique

10 % des adultes entre 18 et 75 ans sont concernés par un usage QUOTIDIEN de boissons alcoolisées et près de 50 % en consomme au moins une fois par semaine. L’alcool est une substance licite qui provoque de nombreux cancers, maladies du foie ou du pancréas, maladies du système nerveux et des troubles psychiques. Pourtant, sa consommation est un acte « naturel », inscrit dans les codes de la société. Sa consommation abusive demeure un tabou et l’alcoolodépendance est souvent prise en charge très tardivement.

Les facteurs de risque au travail

Chacun d’entre nous peut être concerné par une addiction, mais en fonction de notre âge, notre sexe, notre personnalité, nous serons plus ou moins réceptifs à un comportement addictif. Plus on débute jeune la consommation d’un produit, plus on a de risque de développer une addiction.

Les risques psychosociaux de l’entreprise, la pénibilité mais aussi le stress sont des terreaux fertiles au développement de la consommation de substances psychoactives. Les personnes qui travaillent plus de 48h par semaine sont aussi très exposées au risque d’addiction.

Les conséquences sur l’emploi

La prise en compte des addictions dans le milieu professionnel est récente et relève encore trop souvent du tabou. Pourtant, cette maladie représente un risque réel, voire un danger. Quelles qu’elles soient, les addictions perturbent la vie sociale et professionnelle. Un comportement addictif provoque un comportement inadapté au quotidien y compris au travail : conduite dangereuse, troubles de l’humeur, arrêts maladies répétés.

Les conséquences d’une conduite addictive sont nombreuses. Elles dépendent de la fréquence de la consommation, du type et du niveau de dépendance. Les symptômes se manifestent dès la première consommation.

Parmi les manifestations physiques les plus fréquentes on trouvera : 

  • Les perturbations de sensations, la baisse de vigilance et des réflexes, la diminution de la concentration, la négligence, les troubles de la mémoire, la fatigue, la dépression, l’hypertension, le burn out, perte de la motivation, dégradation des relations sociales… 
  • Les manifestations compulsives du manque sont aussi à souligner : agressivité, hallucinations, agitation, malaise, chutes de tensions, bouffées de chaleur, etc…

 

L’addiction est une maladie chronique qui a des conséquences directes sur la vie quotidienne et professionnelle : elle peut engendrer des difficultés pour réaliser son travail et le conserver. À ce titre, une personne dépendante peut faire une demande en Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé.